La réception des travaux constitue le point de départ des garanties spécifiques au Droit de la construction. Cela suppose d’en connaître les contours.
En tant qu’avocat en Droit immobilier à Vienne (Isère), je suis régulièrement sollicité par des maîtres d’ouvrage ou des entrepreneurs pour clarifier cette notion et ses implications juridiques.
La réception des travaux est définie par l’article 1792-6 du Code civil comme l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage, avec ou sans réserves. Elle peut être réalisée à l’amiable ou, en cas de désaccord, être prononcée judiciairement. Dans tous les cas, elle doit être effectuée de manière contradictoire, c’est-à-dire en présence des parties concernées.
La réception des travaux est un acte juridique qui marque la fin du contrat d’entreprise et l’acceptation des travaux par le maître d’ouvrage. Elle ne doit pas être confondue avec la livraison, qui est une simple opération matérielle, ni avec l’achèvement des travaux, qui n’est pas une condition nécessaire à la réception (Cour de cassation, 3e chambre civile, 20/09/2011, n° 10-21.354, n° 1089). En effet, la réception peut intervenir avant ou après la livraison, selon les circonstances .
Il existe plusieurs formes de réception :
- Réception judiciaire : Elle est prononcée par le juge lorsque le maître d’ouvrage et l’entrepreneur ne parviennent pas à s’accorder sur la réception .
- Réception expresse : Elle est formalisée par un procès-verbal signé par le maître d’ouvrage et les entreprises, souvent après une inspection des travaux .
- Réception tacite : Elle résulte de la prise de possession de l’ouvrage par le maître d’ouvrage et du paiement du prix, ce qui manifeste son acceptation des travaux réalisés .
La réception des travaux a des effets juridiques majeurs. Elle constitue le point de départ des garanties légales, notamment :
- La garantie de parfait achèvement, qui impose à l’entrepreneur de réparer les désordres signalés dans l’année suivant la réception (Code civil – Article 1792-6).
- La garantie biennale ou de bon fonctionnement, valable deux ans (Code civil – Article 1792-3).
- La garantie décennale, qui couvre les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination pendant dix ans . (Code civil – Article 1792 et suivants).
En l’absence de réception, ces garanties ne peuvent être mises en œuvre (Cour de cassation, 3e chambre civile, 27/02/2013, n° 12-12.148).
Par ailleurs, la réception marque le transfert des risques liés à l’ouvrage du constructeur au maître d’ouvrage .
Il est possible de procéder à des réceptions partielles, notamment dans le cadre de marchés publics ou de travaux réalisés par tranches. Ces réceptions partielles doivent être précédées d’un état des lieux contradictoire et font courir les délais de garantie pour les parties d’ouvrage concernées.
Votre avocat en Droit immobilier saura vous conseiller sur cette étape cruciale, tant pour le maître d’ouvrage que pour l’entrepreneur. Elle nécessite une attention particulière afin de garantir la conformité des travaux et de préserver les droits des parties.
Matthieu ROBARDEY
Avocat au Barreau de VIENNE
Vous avez des questions ? Vous rechercher un avocat à VIENNE, en ISERE ?
N’hésitez pas à me contacter, je vous répondrai dans les meilleurs délais.
